Église Saint-Théodore

Marseille, Bouches-du-Rhône | Grand-orgue | en tribune

Card image cap

Composition

3 plans sonores (glisser vers la droite)

Grand-Orgue

Etendue : C1-F5 (54 notes)

  • Montre 16
  • Bourdon 16
  • Montre 8
  • Bourdon 8
  • Flûte harmonique 8
  • Gambe 8
  • Prestant 4
  • Dulciana 4
  • Quinte 2 2/3
  • Plein-Jeu III-IV
  • Basson 16
  • Trompette 8
  • Clairon 4

Récit expressif

Etendue : C1-F5 (54 notes)

  • Principal 8
  • Quintaton 8
  • Salicional 8
  • Voix céleste 8
  • Flûte octaviante 4
  • Octavin 2
  • Cornet
  • Trompette 8
  • Basson-Hautbois 8
  • Voix humaine 8
  • Clairon 4

Pédale

Etendue : C1-D3 (27 notes)

  • Soubasse 16
  • Grosse flûte 8
  • Contrebasson 16

Accessoires

Acc. Réc./G.O., Appel Anches G.O., Appel Anches Réc., Appel G.O., Octaves aiguës G.O., Tirasse G.O., Tirasse Réc., Trémolo

Frise chronologique


Description

Somptueux buffet anonyme, érigé vers 1733-1734,  dans lequel le facteurs d’orgue marseillais François Mader construisit un nouvel instrument en 1890... 

Muet suite à des dégradations,  un projet de reconstruction de l'instrument dans son esthétique d'origine est en cours ; ce qui répondrait aux besoins du centre de musique baroque, et à ceux de la ville de Marseille d’être enfin dotée, d’un instrument « classique français ».

Buffet

La double boiserie date indubitablement de la première moitié du XVIIIème siècle, mais elle ne peut être rattachée à aucune typologie connue (...).

La décoration sculptée semble d’origine et assez complète, avec peu de lacunes. Au-dessus des plates-faces, deux cartouches portent les armes du donateur de l’instrument, en miroir, (...) deux personnages qui s’illustrèrent à Marseille durant ces années portaient néanmoins les mêmes armoiries, Charles-Claude Andrault de Langeron-Maulévrier (1662-1729), couramment appelé le chevalier de Langeron ou le bailli de Langeron, et son neveu Christophe Andrault de Langeron, comte de Maulévrier (1680-1768) (...).

L’entablement du soubassement du grand corps est percé de 32 trous circulaires, 16 par côté,
percés de manière assez grossière et destinés à accueillir un dessus de Trompette en chamade. (...)

Le buffet de positif de dos a été vidé par Mader en 1890. Il en reste la façade (Mader) et les parois latérales, en noyer. (...)

(Cf. Christian Lutz - Étude préalable à la reconstruction du grand-Orgue de l'église Saint-Théodore, 2022)

Console

Entièrement renouvelée par Mader en 1890, la console est restée pour l’essentiel dans son état originel. Accolé au soubassement, le meuble est confectionné en sapin vernis, mais l’intérieur est
plaqué de palissandre. Le couvercle incliné sert de pupitre en position relevée. Il n’y a pas de
plaque d’adresse sur le fronton situé au-dessus des claviers.

Les claviers sont en tilleul, avec frontons biseautés. La division est plus étroite que dans la
facture parisienne, avec 160 mm pour une octave (contre 163 mm à Paris) et 438 mm pour trois
octaves, ce qui pourrait indiquer qu’ils ont été commandés chez un fournisseur allemand. La longueur des palettes est de 50 mm, celles des feintes est de 80 mm au grand-orgue et de 90 mm au
récit. Les naturelles sont plaquées d’ivoire. Quatre plaquages sont décollés mais conservés : la
partie avant du h et du c’’ et la partie arrière du c’ et du h’. Les palettes des a, c’, d’ et e’ sont usées à
l’avant. Au récit, le plaquage avant du g est abîmé. Les feintes sont en ébène et au complet. Les
claviers sont garnis de feutre rouge.

Au vu de sa facture, le pédalier pourrait aussi avoir été commandé chez un fournisseur
allemand. Disposées à plat, sans concavité, les marches sont en sapin, plaquées de chêne. Les
feintes, toutes de même longueur, sont également en sapin, rehaussées de palissandre. La division
d’octave est de 393 mm, la longueur totale des marches des naturelles est de 490 mm et celle des
feintes de 115 mm. Le banc a disparu.

Les tirants de jeux sont répartis en trois gradins de part et d’autres des claviers. Ceux du
grand-orgue sont rassemblés à droite, ceux du récit et de la pédale à gauche. Ils sont de section
ronde, avec des cravates en feutre rouge. Les pommeaux tournés en palissandre accueillent des
porcelaines blanches avec des lettres noires pour les jeux de fonds et rouges pour les jeux de
combinaisons. Toutes les porcelaines sont d’origine et en bon état.

Huit pédales en fer sont alignées au-dessus du pédalier, à accrocher. Elles sont identifiées par
des étiquettes en papier disposées sous verre sur la traverse du pédalier, avec des inscriptions qui
ont été refaites en 1934, au vu de leur police de caractères.

La commande de l’expression du récit se fait par une bascule en chêne, placée à droite
de la console, tournée vers l’organiste. Elle a été posée en 1934 par Michel-Merklin et Kuhn et elle remplace une cuiller qui a connu deux emplacements successifs, à l’extrémité latérale de droite puis un peu plus à gauche, avec à chaque fois un cran intermédiaire.

De la console en fenêtre antérieure à Mader, il ne reste plus que cinq trous carrés rebouchés, dans le montant situé à droite du cadre en sapin. Sous la peinture faux-bois qui le recouvre, on distingue bien les cinq étiquettes en papier qui leur corresponde, ainsi qu’un motif décoratif peint au-dessus d’eux.

En hauteur à droite, il reste deux fixations en fer, destinées à soutenir un miroir qui est déposé dans le soubassement, pour que l’organiste puisse voir le chœur.

(Cf. Christian Lutz - Étude préalable à la reconstruction du grand-Orgue de l'église Saint-Théodore, 2022)

Partie instrumentale

Sommiers

- 2 sommiers à gravures et registres coulissants pour le GRAND-ORGUE, de Mader, disposés derrière la façade, parallèlement à elle, séparée par un espace de 1140 mm. La division est diatonique, avec basses aux extrémités. La laye des fonds est située à l’avant, elle s’ouvre par le dessous, et celle des fonds est située à l’arrière et elle s’ouvre vers le mur arrière, au-dessus de la passerelle d’accord.

Le tampon en applique, en chêne, est maintenu par des vis ; il est verni à l’intérieur et garni de peau
pour l’étanchéité. L’intérieur de la laye est en bois verni, sans papier ; elle est confectionnée en chêne, sauf le fond en sapin. Les soupapes sont en chêne, poinçonnées à l’avant, montées sur
pointes à l’avant, avec des guides latéraux en laiton. Les ressorts à deux boucles et les esses sont
également en laiton. Les boursettes sont en peau, avec des rondelles en carton. Les faux-sommiers sont en chêne, tous de Mader. Les chapes sont vissées. 

L’ordre des chapes est le suivant, avec leur largeur en mm :
1) Montre 8 (95)
2) Montre 16 (90)
3) Gambe 8 (80 - chape replaquée)
4) Bourdon 16 (90)
5) Bourdon 8 (70)
6) Flûte harmonique 8 (70)
7) Prestant 4 (70)
8) Dulciana 4 (90)
9) Plein-Jeu 3-4 rgs (112)
10) Doublette 2 (63)
11) Basson 16 (130)
12) Trompette 8 (130)
13) Clairon 4 (110)

- 2 sommiers à gravures et registres coulissants pour le RECIT, de Mader, disposés côte à côte
perpendiculairement à la façade et séparés par une passerelle d’accord de 530 mm de largeur,
diatoniques avec basses à l’arrière. Leur largeur est pour chacun d’entre eux de 1040 mm, leur profondeur de 1165 mm. La laye des fonds est tournée vers l’intérieur, celle des jeux de combinaisons vers l’extérieur. La construction de la laye est exactement semblable à ce que l’on peut observer au grand-orgue. 

L’ordre des chapes, de l’intérieur vers l’extérieur, est le suivant, avec la largeur des faux-sommiers en mm :
1) Voix humaine 8 (110)
2) Basson-Hautbois 8 (70)
3) Principal 8 (88)
4) Voix céleste 8 (75)
5) Quintaton 8 (70)
6) Salicional 8 (110)
7) Octavin 2 (95)
8) Cornet 5 rgs (90)
9) Flûte octaviante 4 (70)
10) Clairon 4 (80)
11) Trompette 8 (175)

- 2 sommiers à gravures et registres coulissants pour la PÉDALE, disposés aux extrémités latérales, perpendiculairement à la façade, diatoniques avec basses à l’arrière. Leur profondeur est de 1325 mm du côté ut et de 1305 mm du côté dièse, leur largeur de 540 mm. Ces sommiers sont
antérieurs à Mader, ils peuvent être datés du milieu du XIXème siècle, peut-être posés par Imbert en
1861. Ils ont été construits pour 18 notes (9 + 9) et 5 jeux et ont été adaptés par Mader à 27 notes et
3 jeux. 

La laye s’ouvre sur la face interne du sommier. Le tampon en applique, en chêne, est vissé, il est garni de papier blanc à l’intérieur, avec des joints de peau. L’intérieur de la laye est garni de papier blanc provenant en partie de livres de comptes du XIXème siècle. 

Les soupapes des 18 premières notes (C-f), plus anciennes que les autres, sont en chêne, avec un guide central à l’avant. Il y a deux soupapes par note. Les soupapes ajoutées par Mader sont en red cedar, avec deux guides latéraux en laiton, et il n’y a qu’une soupape par note. Toutes les soupapes sont montées sur pointes à l’arrière. Les ressorts à deux boucles et les esses sont en laiton. Les boursettes sont en peau, avec des rondelles de carton. 

L’ordre des chapes est le suivant, de l’intérieur vers l’extérieur, avec leur
largeur en mm, pour le côté ut puis pour le côté # :
1) chape vide, non utilisée par Mader (80) (75)
2) chape vide, destinée au Basson 16 (80) (75)
Espace intermédiaire (60) (60)
3) Grosse Flûte 8 (90) (90)
Espace intermédiaire (20) (20)
4) Soubasse 16 (93) (88)
Espace intermédiaire (10) (10)
5) chape vide, non utilisée par Mader (88) (95)

(Cf. Christian Lutz - Étude préalable à la reconstruction du grand-Orgue de l'église Saint-Théodore, 2022)

Transmission

Mécanique Barker.

Tirage des jeux

Mécanique.

Tempérament

égal

Soufflerie

L’alimentation en vent a été entièrement reconstruite par Mader, sans réutiliser des éléments
plus anciens.

Soutenus par une charpente en sapin, deux réservoirs à deux plis compensés sont superposés dans le soubassement, légèrement décalés de 180 mm, celui du haut étant plus avancé que celui du bas. Leur profondeur est de 1200 mm, leur largeur est de 3310 pour celui du bas et de 3300 pour celui du haut. Ils comportent tous deux un baquet de 130 mm de hauteur.

Les parallélismes sont en fer peint en noir. Les tables sont chargées de plaques de fonte, ce qui suggère que la pression du vent n’a pas été modifiée depuis 1890.

Les deux pompes cunéiformes situées sous le réservoir inférieur sont actionnées par deux pédales en chêne, suspendues à une potence en fer par deux barres en hêtre, qui sont fortement
vermoulues.

Les portevents sont confectionnés en sapin peint. Le réseau de portevents est le suivant :
– sur chacune des faces latérales du réservoir inférieur montent deux portevents de 270 sur 100 mm vers les sommiers du grand-orgue, celui de l’avant vers la laye des fonds et celui de l’arrière vers la laye des jeux de combinaisons, avec une soupape de coupe-vent ;
– les deux réservoirs sont reliés à l’avant par deux portevents de 270 sur 100 mm ;
– sur la face arrière du réservoir supérieur partent deux portevents de 240 sur 90 mm qui montent aux deux sommiers du récit ; ils sont reliés à mi-hauteur par un portevent horizontal sur lequel était placé le trémolo à l’origine, mais celui-ci a disparu en 1934, remplacé par un trémolo pneumatique posé plus bas par Michel-Merklin et Kuhn ;
– sur chacune des faces latérales du réservoir supérieur part un portevent vers la pédale, de 170 sur
100 mm.

Du fait que le ventilateur n’est plus relié au réseau électrique, il n’est pas possible de mesurer
la pression du vent, mais la construction des réservoirs indique qu’il ne devait y avoir qu’une seule
pression pour l’ensemble de la tuyauterie. Un ventilateur électrique ancien se trouve dans un cagibi situé dans le sas d’entrée à l’église de droite (vue depuis la nef), au niveau du sol. Il était relié au réservoir inférieur par un long portevent en sapin peint qui traverse le plancher de la tribune, de 228 sur 160 mm. Il n’est plus fonctionnel mais est resté en place. Un nouveau ventilateur électrique a été posé sur la tribune par Thierry Lestrez, commandé chez le fournisseur allemand Laukhuff, de 2800 tours/minute. Relié au portevent de la turbine antérieure, il est placé au sol sur la tribune, sans caisson de protection.

La plupart des postages en plomb sont fortement corrodés de l’intérieur et beaucoup ont déjà
été remplacés en westaflex par Thierry Lestrez.

(Cf. Christian Lutz - Étude préalable à la reconstruction du grand-Orgue de l'église Saint-Théodore, 2022)

Tuyauterie

Des tuyaux antérieurs à Mader ont été réutilisés dans différents jeux. La plupart de ces tuyaux comportent plusieurs strates de marques anciennes, gravées à la pointe sèche.

Les tuyaux les plus anciens semblent être ceux conservés dans les jeux suivants :
– 12 tuyaux de l’Octavin 2 ;
– 30 tuyaux du rang de 4’ du Cornet ;
– 30 tuyaux du rang de 2’2/3 du Cornet ;
– 1 tuyau du rang de 2’ du Cornet ;
– 36 tuyaux du Basson 16.
Les tuyaux à bouches sont confectionnés en étoffe, dans un métal assez mou, avec des soudures
fines et un peu irrégulières. Les tuyaux à anches comportent des pavillons en étain et des pieds en
étoffe, avec des rigoles à bagues. Tous ces tuyaux comportent les mêmes marques de notes, dont le
ré dièse particulièrement original, avec une graphie germanique qui dénote par rapport à la graphie
latine des autres notes. Certains proviennent du Prestant et de la Doublette du positif. Mader a
réutilisé ces tuyaux sans volonté de conserver des séries complètes et cohérentes, il n’y a aucune
logique dans leur décalage et leur recoupe.

• Un deuxième groupe de tuyaux peut être attribué à un autre facteur :
– 30 tuyaux du Bourdon 16 ;
– 40 tuyaux de l’Octavin 2 ;
– 29 tuyaux du rang de 2’ du Cornet ;
– 30 tuyaux du rang de 1’3/5 du Cornet.
Les tuyaux du Bourdon 16 sont en étoffe, avec les marques originelles qui indiquent que ces tuyaux
n’ont pas été décalés (sauf peut-être d’une octave, s’il s’agissait d’un Bourdon 8 à l’origine) et que
la série est restée cohérente. Tous les autres tuyaux sont en étain sur pieds de plomb et proviennent
pour la plupart de rangs de plein-jeu.

• Un troisième groupe est limité au 30 tuyaux de 8’ du Cornet, qui sont confectionnés en plomb. Les
numéros de notes, de 1 à 30, indiquent que ces tuyaux n’ont pas été décalés, contrairement aux
calottes, qui proviennent d’un autre jeu, avec d’autres marques de notes, et qui ont été décalés sans
logique évidente.

• Un quatrième troupe est limité aux 29 tuyaux aigus de la Quinte 2 2/3, qui sont confectionnés en
étain sur pieds d’étoffe. Lors de leur soudure, leur métal a été protégé à la peinture rouge et non au
blanc d’Espagne, comme pour les autres jeux. Ils ne comportent pas de marques anciennes.

• Enfin, 40 tuyaux de bois de la pédale sont également antérieurs à Mader et semblent dater du
milieu du XIXème siècle, peut-être posés par Imbert en 1861.

Tous ces 337 tuyaux plus anciens ont été remaniés par Mader, qui a ajouté des entailles de
timbre aux tuyaux ouverts et des calottes mobiles aux tuyaux bouchés, en pratiquant des dents dans
les biseaux et en remontant parfois les bouches, et qui a remplacé les rigoles, les languettes et les
rasettes des tuyaux à anches.

La grande majorité des tuyaux de l’instrument a été confectionnée par Mader. Ils comportent des marques à la pointe sèche, bien différentes de celles des jeux plus anciens. Quatre jeux ont été commandés chez le tuyautier parisien Masure (Bourdon 8, Gambe 8 et Dulciane 4 du grand-orgue, et Voix céleste 8 du récit). La plupart des tuyaux de Mader comportent des dents obliques sur les biseaux, y compris ceux commandés chez Masure, qui ont bien été mis en harmonie par le facteur marseillais. (...)

(Cf. Christian Lutz - Étude préalable à la reconstruction du grand-Orgue de l'église Saint-Théodore, 2022)

Images

Fichiers

Sources


Code de l'orgue : FR-13055-MARSE-STTHEO1-T

Card image cap
Facteurs
Emplacement
En tribune
Etat de l'instrument
Dégradé ou en ruine : injouable

Composition
27 (27), II/P
Transmission des notes
Mécanique Barker
Tirage des jeux
Mécanique

Propriétaire
Commune
Organisme
Organiste : Jean-Paul Serra (06.74.21.58.89)
Inscription ou classement
PM13001763
PM13000745
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Mise à jour 7 fois par 5 contributeurs (détails) Actualisé le 14/10/2026 par Jean-Jacques Lagneau